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Pigments

Patines

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Les pigments

Présentation :

le blanc, noir et gris

Le blanc était fait, comme le gesso auquel il s'apparentait, de carbonate ou de sulfate de calcium. Le noir avait pour base le charbon de bois réduit en poudre fine ou la suie, très rarement la pyrolusite, un dérivé du manganèse provenant de la région du Sinaï. Le gris était issu du mélange en proportions variables du blanc et du noir, ou parfois tiré de l'argile naturelle avec inclusion de fer.

les bruns

Les bruns, s'ils n'étaient pas dûs à la combinaison du rouge et du noir, consistaient en ocres naturelles, plus rarement en oxydes de fer. Ces oxydes de fer servaient de base à tous les rouges, même aux terres d'Egypte que vante Pline sous le nom de sinopis et de rubica.

les bleus

Les bleus étaient extraits de l'azurite, soit d'un carbonate de cuivre qu'on allait chercher dans le Sinaï. On a trouvé trace d'azurite en dépôt au fond d'un coquiIlage qu'un artiste de Meïdoum avait utilisé comme godet à peindre en IVe dynastie déjà. A défaut d'azurite, on fabriqua dès les temps les plus anciens une fritte d'un bleu intense qui se présente à l'analyse comme un silicate calcium-cuivre; on l'obtenait en faisant fusionner des carbonates de calcium et de cuivre, de la malachite par exemple, du sable et, semble-t-il, du natron; ce serait le caeruleum dont parle Vitruve. Cette fritte a été identifiée dans des tombeaux de l'Ancien Empire, ce qui infirme les assertions des historiographes grecs et latins qui la prétendaient inventée à Alexandrie sous les Ptolémées. Quant à l'usage du lapis-lazuli réduit en poudre, il est du domaine de la légende il a été démontré que le procédé, fort coûteux par ailleurs, ne donne à l'usage qu'un bien piètre bleu tirant sur le gris terne.

les jaunes

Les jaunes étaient de deux natures: d'ocre jaune pour les moins intenses, abondant à l'état naturel dans tout le pays; pour les autres, d'orpiment, un dérivé naturel de l'arsenic sulfuré. Au Nouvel Empire, à une époque où l'or était considéré comme le symbole suprême de l'essence divine, les artistes privilégièrent l'orpiment dont les tons chauds, aux parois des hypogées, luisaient comme le métal précieux. En dépit de sa sinistre réputation (ses composants sont tous toxiques, voire mortels) l'orpiment fut encore largement utilisé par les peintres des grandes écoles alexandrines.

les verts

On produisait les verts communs en combinant le bleu et le jaune, les peintres leurs préféraient une fritte à composants cuivreux, ou plus simplement de la malachite du Sinaï broyée.

oranges, violet et rose

L'orange, le violet, le rose enfin, s'obtenaient par alliages de pigments respectivement rouges et jaunes, rouges et bleus, rouges et blancs. En période gréco-romaine, on mit au point un rose plus intense, plus cru que le rose classique en ajoutant à du gesso étendu d'eau de l'extrait de racine de garance importée de Grèce, puis acclimatée dans la région du Fayoum; ce rose, assez proche de ce que nous appelons le rouge de Turquie, fut en faveur pendant toute la période romaine. La pourpre telle que la définissent les Anciens, ou tout autre dérive de coquillages, n'a été décelée sur aucun des portraits examinés jusqu'ici. Les pigments broyés, lavés de leurs impuretés, se présentaient dans de petits godets de pierre sous forme de pains compacts. Ils étaient alors prêts à être mélangés aux liants.

 

 

 

 

ARTS DES MATIERES

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